Événements indésirables liés au système immunitaire et ratio neutrophiles/lymphocytes comme indicateurs pronostiques chez les patientes atteintes de cancer gynécologique traitées par pembrolizumab : une analyse en conditions réelles

Introduction

Au cours de la dernière décennie, l’immunothérapie a révolutionné le traitement du cancer, améliorant considérablement le pronostic des patients atteints de divers types de cancer. En particulier, les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI), tels que les protéines CTLA-4, PD-1 et PD-L1, ont montré des résultats prometteurs dans le traitement des cancers gynécologiques. Cependant, l’utilisation accrue de ces nouvelles combinaisons d’immunothérapie a également soulevé des préoccupations en matière de sécurité, notamment en ce qui concerne les événements indésirables liés au système immunitaire.

Objectif de l’étude

Cette étude vise à évaluer si les événements indésirables liés au système immunitaire et le ratio neutrophiles/lymphocytes avant traitement peuvent servir de biomarqueurs prédictifs de la réponse au traitement et de la survie chez les patientes atteintes de cancer gynécologique recevant une immunothérapie par pembrolizumab.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a inclus 94 patientes atteintes de cancers gynécologiques traitées par pembrolizumab à l’hôpital Kaohsiung Chang Gung Memorial entre mai 2017 et juillet 2024. Les données cliniques et de laboratoire détaillées, y compris la survenue d’événements indésirables liés au système immunitaire, le ratio neutrophiles/lymphocytes avant traitement, le statut de réparation des mésappariements (MMR), les schémas de réponse au traitement et les caractéristiques démographiques des patientes ont été collectées. La survie sans progression et la survie globale ont été analysées à l’aide des courbes de Kaplan-Meier et des modèles de régression de Cox.

Résultats

Globalement, des événements indésirables liés au système immunitaire ont été observés chez 55,3 % des patientes et étaient associés à un taux de réponse objective significativement plus élevé (84,6 % contre 15,4 %, p < 0,001), une survie sans progression plus longue (p < 0,001) et une amélioration de la survie globale (p < 0,001). De même, un faible ratio neutrophiles/lymphocytes (<4,07) a également prédit une survie sans progression plus longue (HR : 0,537, p = 0,043) et une amélioration de la survie globale (HR : 0,328, p = 0,001). L'analyse multivariée a confirmé que les événements indésirables liés au système immunitaire et un faible ratio neutrophiles/lymphocytes étaient des prédicteurs indépendants robustes de la survie sans progression et de la survie globale.

Discussion

Les événements indésirables liés au système immunitaire sont causés par l’activation immunitaire induite par les ICI, affectant le plus souvent la peau, le tractus gastro-intestinal et le système endocrinien. Dans notre expérience clinique, les patientes atteintes de cancer gynécologique qui développent des événements indésirables liés au système immunitaire présentent souvent de meilleures réponses à l’immunothérapie. Cependant, bien que des preuves croissantes provenant d’autres types de cancer suggèrent une association positive entre les événements indésirables liés au système immunitaire et les résultats du traitement, les données sur les cancers gynécologiques restent limitées.

Conclusion

Le développement d’événements indésirables liés au système immunitaire et un faible ratio neutrophiles/lymphocytes avant traitement ont prédit de manière indépendante une amélioration de la réponse thérapeutique et une survie prolongée chez les patientes atteintes de cancer gynécologique traitées par pembrolizumab. Leur intégration avec le profilage moléculaire des tumeurs peut optimiser la fréquence de surveillance, ajuster les mesures de soins de soutien et envisager des modifications du traitement en fonction des profils de risque individuels des patientes, améliorant ainsi l’administration de l’immunothérapie dans les cancers gynécologiques sans limiter l’accès au traitement.

🔗 **Fuente:** https://www.frontiersin.org/journals/immunology/articles/10.3389/fimmu.2025.1739447/full